(copie d’un email envoyé à Isabelle Boydens, Françoise Rossion)
Je travaillais jusqu’à récemment pour la Médiathèque (Médiathèque Nouvelle), que je ne dois plus présenter. Ses 70 ans d’histoire, de patrimoine et d’archivage ont été mis à mal par une décision ministérielle soudaine : une coupe budgétaire aveugle, survenue à la fin de l’automne dernier. La brutalité de cette décision a mis nos activités à terre et, dans l’urgence, nous n’avons pas eu le temps de mettre en œuvre tout ce qui aurait permis de sauver l’ensemble de nos ressources.
Nous nous sommes concentrés sur la transmission de nos collections (plus de 400 000 références) et sur leur acheminement vers le réseau des bibliothèques, la KBR, le conservatoire, etc. Ce fut un travail considérable, qui se finalisera dans les jours à venir.
L’ensemble des références conservées à Auderghem a été documenté au fil du temps et enrichi par l’expertise des collaborateur·rice·s qui s’y sont succédé. La base de données, issue du logiciel AS400, alimente jusqu’à présent ( et pour encore peu de temps : deux ou trois semaines tout au plus) le moteur de recherche de notre site internet.
Il aurait été idéal de maintenir cet outil en état de fonctionnement, mais sa complexité, ainsi que le fait qu’il soit hébergé sur nos serveurs internes, rendent ce projet irréaliste, du moins dans des délais aussi courts. Nous sommes nombreux·ses, tant en interne que parmi le public, à regretter la disparition annoncée de ces connaissances accumulées. D’autant plus que cet outil aurait pu être couplé aux systèmes de bibliothéconomie qui seront mis en place au sein de la lecture publique, lesquels utiliseront une clé primaire différente de la nôtre (norme EAN), alors que nous avions développé un système distinct.
Leur tâche s’annonce dès lors démesurée et ne reprendra pas nos métadonnées. J’ai néanmoins établi un contact précieux au sein du réseau de la lecture publique afin d’attirer leur attention, tant que leur encodage n’a pas encore débuté.
À ce stade, nous disposons donc de :
un site internet encore fonctionnel pour quelques jours, dont je veillerai à effectuer une copie physique (ghost). Toutefois, l’outil de recherche ne pourra plus fonctionner si le lien avec la base de données (PostgreSQL, me semble-t-il) est rompu ;
l’ensemble des cotes (selon notre structure propre à la médiathèque, non EAN) des médias répartis en différents lieux en Belgique (Marche-en-Famenne pour le jazz, le cinéma de fiction à la bibliothèque du 27 septembre, la majeure partie de la musique à la KBR, le documentaire à Mons, etc.), ainsi que les fichiers MRC issus de cette répartition ;
la mémoire des collaborateur·rice·s et des informaticien·ne·s qui maîtrisent nos logiques de classement.
Ce qui m’amène à vous aujourd’hui, c’est la relation historique que nous entretenons avec l’ULB. La Médiathèque est une émanation des étudiant·e·s de l’ULB (en 1956) et y est restée implantée durant de nombreuses années, jusqu’à la fermeture du Point Culture il y a deux ans. Nous avons par ailleurs développé de nombreux partenariats avec la Cellule Culture, Radio Campus, etc.
Enfin, la richesse de nos collections dépasse bien souvent l’offre des catalogues commerciaux en ligne. Si elles pouvaient être animées par un outil de recherche efficace, elles permettraient aux étudiant·e·s de poursuivre des recherches dans le cadre de leurs études (ELICIT, histoire de l’art, musicologie, etc.).
Partant de cette relation, je me demande s’il ne serait pas envisageable de proposer à Infodoc/STIC de jouer un rôle dans la transmission de cette matière riche et stimulante, malgré son éparpillement actuel.
Comme l’année académique se clôture et que nos activités cessent, je me demandais s’il serait possible de nous rencontrer afin de discuter d’un projet qui pourrait faire l’objet d’un stage ou d’un TFE. Pourriez-vous me proposer un moment pour en parler de vive voix ?
N’hésitez pas à revenir vers moi.
Un très grand merci d’avance,
Bien cordialement,
Pierre-Philippe Hofmann
Contact : pphhofmann@gmail.com